
C’est un appel. Comme un cri. Il devient une obsession. Celle d’écrire. Voici simplement comment je pourrai énoncer ma motivation. J’écris ainsi. Je pose des jalons espacés de vide que je cherche à combler; que je remplis de lignes, de nuits vécues à ne pas dormir. Je pourrai le dire, l’offrir d’une toute autre manière mais comme un homme qui cherche à s’accomplir de n’importe quelle autre façon, comme il pourrai se rechercher dans un morceau de bois, tel un transfuge, je trahis ceux qui m’entourent, en privilégiant ce que je crée.
J’ai discuté, il y a peu, avec un ami. Ce dernier a soulevé deux questions pour lesquelles, je le crois, chacun devrait réfléchir. Autant que j’écris, ou j’agis, pour qui le fais-je ? Pourquoi le fais-je ? En le sachant, cet ami a pointé du doigt une interrogation fondamentale quant à la question de l’agir. Je ne saurai sans doute jamais si j’écris depuis tant d’années pour moi-même ou pour un autre. La nécessité même de ce site est soulevée.
L’écriture relèverait-elle d’une peur enfouie qui ne peut être atténuée autrement ? L’écriture comme un intermédiaire dans une relation sociale atrophiée ? L’écriture comme l'interprète intègre d’une pensée ? L’écriture comme une activité ordinaire ? Je ne le sais encore mais ce sont bien quatre interrogations, soumises à mon questionnement, qui s’établissent. L’activité littéraire est donc le fruit de quatre acteurs : l’auteur, les mots, le lecteur et la raison. Et ce quatuor n’est en réalité qu’un binôme. Autant que la raison appartient à l’homme qui agit, il en est de même pour les moyens qu’il emploie. Ce qui placerait l’auteur face à son lecteur; et derrière lui son outil et la fin de son action.
L’écriture implique la lecture. Mais un coeur ouvert qui se diffuse, implique t’il un quelconque lien à travers lequel il trouverait un écho; une réponse. J’ai pour cela des exemples à foison. Le temps viendra où je les énoncerai. Mais pas encore. Aujourd’hui, je dirai qu’il n’est pas nécessaire d’écrire pour se faire entendre, d’écrire pour parler, d’écrire pour soulever l’étonnement des autres. Écrire comme un besoin. Écrire pour vivre comme vivre avec coeur, voici ce que je retiens de tant d’années d’ébauche, de travail, d’interruption aussi. Je n’ai certes pas derrière moi le plus ambitieux des parcours, je n’ai sans doute pas une vie comme juste reflet d’une ambition particulière mais je possède l’écriture.
L’intérêt de ce site m’est donc propre. Certains y verront pour moi, l’occasion de me faire connaître. D’autres sentiront mon désir de délivrer un coeur. Ainsi, je le fais. Et ceci sans raison. Tout simplement parce que l’existence rime et délivre, comme une prose rieuse, et dispose d’un sonnet, le monde qui se couche comme la boucle d’un mot longe mon feuillet. L’écriture, comme d’une simplicité que l’on pense complexité.
Alban Gaillard de Saint Germain
par Geronimo
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